Réflexion sur la situation du Limbé.
Une fois de plus, quelque chose d’impensable s’est produit en Haïti. Jean-Claude Duvalier est de retour. À ma connaissance, c’est peut-être la première fois dans l’histoire moderne qu’un dictateur célèbre revient dans le pays qu’il a fui avec ne serait-ce qu’une certaine légitimité. Le pays est dans un tel désarroi que toute situation différente de la situation actuelle, y compris le mépris ou parfois le semi-esclavage en République dominicaine ou même le bon vieux temps d’une dictature ordonnée, pourrait ressembler à une opportunité d’espoir pour certaines personnes ordinaires.
Les nationalistes haïtiens en Haïti et à l’étranger, tout ce que nous pensions impossible s’est réalisé. La seule chose qui n’est pas en vue, c’est le chemin du progrès. Ne voyez-vous pas que le pays ne s’améliorera jamais tant que la cause profonde de son désastre désastreux ne sera pas éliminée ? Le problème d’Haïti, ce n’est pas Duvalier, ni Cédras, ni Aristide, ni Préval, c’est le système qui seul est capable de produire ce genre de dirigeants. Ne voyez-vous pas que le système est pourri jusqu’à la moelle et doit être déraciné ?
Après le spectacle honteux de l’incompétence qui a suivi le tremblement de terre, après la farce honteuse des élections actuelles de 2010, avec le retour de Duvalier puis d’Aristide, il est désormais temps pour la diaspora de s’engager pleinement politiquement en Haïti pour exiger de ne pas mendier et obtenir sans délai et conditionne la reconnaissance formelle comme Haïtiens légitimes de tous ceux qui sont nés sur le sol haïtien ainsi que de leurs enfants nés à l’étranger. C’est le moment de mélanger tout le jeu de cartes et de sortir un nouvel ensemble. Il est temps d’élaborer une véritable nouvelle constitution et non un simple morceau de papier sans valeur. Il est temps de mettre fin à cette plaisanterie humiliante. C’est l’heure de la révolution.
Nous avons une nation, pas un État. Puisqu’en réalité il n’y a pas d’État haïtien, arrêtons de nous mentir, de parler de souveraineté nationale et de prétendre que nous pouvons trouver de la dignité dans cette mascarade d’État. Puisque nous n’avons pas d’État, construisons-en un. Bâtissons un État haïtien inclusif basé sur les bases solides d’une nationalité ouverte, de la pleine participation de la diaspora à la vie nationale et d’une fédération haïtienne de 5 provinces autonomes.